Foi et éthique

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La voie prophétique telle que décrite dans sourate al-Balad commence par un acte d’attention, d’empathie et de compassion envers le joug, l’affamé et le démuni plein de poussière.

Par ailleurs, l’Ingratitude envers Dieu est déclinée sous des facettes éthiques sociales et humaines. « As-tu vu à celui qui traite la foi de mensonge[1], c’est celui-là même qui repousse l’orphelin et ne tient guère à la nourriture du pauvre. Malheur alors aux prieurs qui se distraient de faire leur prière, ceux qui font juste bonne figure et ne prêtent pas les ustensiles. » L’absence d’un geste aussi simple sur le plan solidaire sociale, comme militer pour nourrir le pauvre, ou entre voisins, comme prêter des ustensiles, est révélatrice d’une spiritualité mal au point. Les manquements à l’éthique humaniste peuvent disqualifier le musulman qui prétend avoir foi en Dieu et au jour dernier. Il s’agit ici d’aspects humains aconfessionnels que des humains peuvent porter en tant que tels. « Dieu n’aime pas les transgresseurs. »[2] « Dieu n’aime pas la corruption. »[3] « Dieu n’aime pas les injustes. »[4] « Dieu n’aime pas quiconque se montre arrogant et vantard. »[5] « Par ma Majesté, rapporte le Prophète ces paroles qu’il attribue à Dieu Exalté, nul avare n’y sera [au paradis] mon voisin. »[6]

Parallèlement, Dieu recommande au croyant d’être bienfaisant envers des catégories sociales sans considération de confession. « Bienfaisance envers les parents, les proche-parents, les orphelins, les pauvres, le voisin proche-parent, le voisin à proximité, ordonne Dieu Exalté, ainsi que le compagnon d’à coté, le voyageur de passage et ceux dont vous possédez le sort. »[7] « Affranchir un joug, dit Dieu Exalté sans préciser sa confession, ou nourrir en un jour de famine un orphelin de la parenté ou un pauvre plein de poussière. »

D’une part l’absence de l’éthique sociale peux disqualifier le prétendant à la foi, d’autre part celle-ci n’est pas profitable uniquement aux croyants qui n’en sont plus les bénéficiaires exclusifs. Deux dispositions qui élargissent la bonne œuvre de la communauté au cercle citoyen – Nous somme musulmans pour le bien de tous – en même temps qu’elles lui permettent de s’appuyer sur les bonnes volontés pour fédérer autour d’une éthique sociale conforme aux idéaux de justice, d’équité et d’humanisme.

 


[1] Le vocable ad-Dîne utilisé dans le verset signifie unanimement chez exégètes la Rétribution et rendre des comptes à Dieu Exalté le jour dernier. Vu que dans le Coran la vie dernière est prépondérante et représente une source fondamentale de motivation et d’inspiration, la nier c’est vider la religion de son sens.

[2] Coran, sourate al-Baqarah « La Vache », v.190.

[3] Coran, sourate al-Baqarah « La Vache », v.205.

[4] Coran, sourate Âl-Imrâne « Famille d’Imrâne », v.57.

[5] Coran, sourate an-Nissâe « Les femmes », v.36.

[6] Récit prophétique rapporté par at-Tabarâni dans al-Awsat et al-Kabîtr ainsi qu’Ibn ‘Assâkir.

[7] Coran, sourate an-Nissâe « Les femmes », v.36.

1 commentaire

  1. Salam,

    1. la question qui se pose, jusqu’à quel niveau cet éthique social telle que reconnu dans nos jours respecte la foi et les textes de la révélation?
    éthique social dans nos jours veut dire aussi liberté (quelle limite)?

    2. La communauté musulmane est entrain de faire un effort pour s’adapter à cet éthique social, alors que nous savons trés bien que chez les non musulmans, l’éthique social ne comprend pas forcément le respect des musulmans!

  2. Aleykom Salam;
    Si la foi et les ayants foi restent retirés du champ éthique et n’y insufflent pas les valeurs humaines qu’ils prônent et vivent, alors rien n’empêchera ce champ de glisser contre leur gré. Intégrer le champ éthique ne signifie pas changer d’éthique mais la partager et en faire profiter à l’extérieur de la communauté. Pour l’exemple de la liberté, il s’agit d’apporter la critique éthique d’un certain usage de la liberté, pour en proposer un autre.
    La communauté musulmane, dans son attitude défensive (parfois justifiée) et communautaire (injustifiée), subi la pression de modèles (pensée, éthique, …) dominants. Le jour où elle ne voudra plus être une miséricorde pour elle seule mais pour tous, de nouvelles perspectives lui seront ouvertes.

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