De la fraternité à la famille spirituelle

La famille… Plus qu’un simple mot, c’est un concept qui ne se restreint pas seulement aux liens de parenté et d’alliance.

En effet, la famille n’est-elle pas le giron dans lequel tout croyant et tout homme est censé grandir, s’épanouir, construire son identité et tisser des liens affectifs avec les autres membres ?

La famille est un refuge, elle a un rôle de protection et d’affection. Elle doit constituer un soutien, un lieu d’épanouissement, de solidarité, d’entre-aide et d’échange. Tout ceci cimenté par un ingrédient essentiel : l’Amour. Un Amour qui permet de faire de cette famille une structure unie et forte.

Dieu – exalté soit-Il – dit dans le Coran : « Et c’est Lui que de l’eau a créé une espèce humaine qu’Il unit par les liens de la parenté et de l’alliance »[1]

Dieu insiste donc sur les liens de parenté qui sont innés et qui nous unissent.

Et d’un autre côté, le Messager de Dieu – Paix et bénédiction soient sur lui – n’a-t-il pas dit : « Les musulmans, dans l’amour, l’affection et la miséricorde qu’ils se portent, sont comparables à un seul corps. Lorsqu’un membre est affecté, c’est l’ensemble du corps qui ressent la douleur et s’enfièvre »[2]

Dieu dit lui-même : « Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde. »[3]

Les croyants sont donc liés les uns aux autres comme les liens d’une famille. Dieu nous enjoint cette fraternité tout au long du Coran et insiste sur son importance.

Pour être véritable, la fraternité doit prendre ses racines dans l’Amour de Dieu – qu’Il soit exalté – et l’Amour du Prophète – paix et bénédiction sur lui. C’est ensuite par le témoignage de soutien, par les liens d’affection, par l’entre-aide mutuelle dans la voie de Dieu, et le partage, que la fraternité se concrétisera pour former une « famille spirituelle ».

La vraie famille spirituelle doit constituer un épanouissement spirituel et social pour le croyant. Elle est aussi un groupe dans lequel nous apprenons et avançons dans son éducation et son cheminement vers Dieu, en harmonie avec les autres croyants et par le biais de la bonne compagnie (As-suhba as-saliha).

Dans une famille de croyants, chacun doit avoir ce souci de l’autre et doit vouloir son bien.

Le Prophète – paix et bénédiction soit sur lui a dit : « L’un de vous n’est véritablement croyant que s’il aime pour son frère ce qu’il aime pour lui-même »[4]

Lorsque les membres de cette famille spirituelle détectent les besoins de l’autre et agissent alors en conséquence pour le soutenir, nous pouvons ressentir l’Amour en Dieu et la beauté des liens fraternels. Mais la difficulté, est justement d’être attentif à son frère ou à sa sœur afin de capter les signes qui peuvent alerter sur son éventuelle détresse. C’est effectivement une qualité qui n’est pas acquise pour tout individu mais que nous devons travailler en tant que musulman.

Lorsque Dieu accorde à un croyant l’opportunité de gouter vraiment à cette fraternité, et d’être lui-même au centre des préoccupations de ses frères et sœurs en Dieu, c’est un bouleversement pour son cœur, notamment pour celui qui n’a sollicité personne hormis Dieu dans ses invocations. C’est justement un don que Dieu lui accorde et une miséricorde. Mais ce peut être également une remise en cause et une leçon.

Une grande leçon, car il peut alors s’interroger : aurait-il été présent pour son frère ou sa sœur dans le cas inverse. Qui est-il pour mériter cet élan d’amour et de fraternité ? Est-il à la hauteur de ce soutien ? Et parmi l’une des vertus que doit acquérir le croyant, c’est le fait de nettoyer son cœur de l’égoïsme et de l’individualisme qui rongent notre société actuelle.

Un élan de fraternité, des croyants et croyantes qui s’activent et se mobilisent investissant leur bien et leur personne, avec une détermination ayant pour seul aliment ; l’espoir d’obtenir la satisfaction de Dieu… : « Est-ce que réellement, j’aurais pu être moi, et ma foi, parmi ces gens bienveillants ? ». Ces croyants sincères qui ont compris que les liens fraternels s’alimentaient entre autre par le souci de l’autre.

Imaginons l’impact sur le cœur du croyant, qui se sent soutenu par ses frères et sœurs : l’Amour en Dieu et les liens au sein du groupe sont alors renforcés. A son tour, il aspire à faire le bien envers les croyants. C’est pour cela que Dieu nous enjoint de nombreuses fois dans le Coran d’agir bien envers nos frères et sœurs tout comme Il nous ordonne vivement de traiter nos parents avec excellence. Dieu veut de nous, que nous soyons une famille soudée, afin de construire une communauté forte et unie dans laquelle chacun et chacune s’investie, s’épanouie et évolue dans l’Amour de Dieu – qu’Il soit exalté – et l’Amour du Prophète – paix et bénédiction soient sur lui.

Demandons ainsi à Dieu de nous faire goûter à la bonne compagnie de ceux qui L’aiment et qu’Il aime et de faire partie de ces croyants bienveillants et altruistes qui s’investissent pour leurs frères et sœurs quelque soit la cause, aussi minime soit-elle.

Que Dieu nous permette de cheminer vers Lui au sein d’une famille spirituelle dans laquelle règne sincérité, harmonie, miséricorde, entre-aide, partage et rappel constant de Dieu – exalté soit-Il. 


[1] Coran : Sourate 25, verset 54

[2] Hadith rapporté par Boukhari et Mouslim

Coran : Sourate 49, verset 10

[3] Coran : Sourate 49, verset 10

[4] Hadith rapporté par Boukhari et Muslim

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