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2015

Ibn Sa’na, un savant juif de Médine vint au Prophète (paix et salut sur lui) exiger sa créance. Il lui tira l’habit de son épaule, le prit au col brutalement et lui dit avec dureté : « Vous, les Beni ‘Abdul-Muttalib, vous ajournez vos dettes ! » Omar, que Dieu l’agrée, alors, le réprimanda et durcit le ton. Le Prophète, paix et salut sur lui, sourit et lui dit : « Moi et lui, nous avions plus besoin d’autre chose de ta part, ô Omar : que tu me recommandes de bien régler ma dette, et que tu lui recommandes de réclamer son dû de bonne façon ». Puis il ajouta : « Il reste (en fait) au terme (de la dette) trois (jours) ». Et il ordonna à Omar de la payer et de lui donner en plus vingt mesures pour l’avoir effrayé. Ce fut la cause de l’entrée à l’Islam de cet homme qui disait : « Il ne manquait aucun signe parmi les signes de la prophétie de Mohammad, que je ne reconnus, sauf deux : sa magnanimité prime sur sa colère et le surplus d’emportement aveugle ne fait qu’ajouter à sa magnanimité. Ainsi, je l’éprouvai avec cette histoire de dette. Et je le trouvai alors, tel que décrit (dans les anciens livres). Quant à ma dette donnez-la aux pauvres parmi les Musulmans ».[1] 

Nous avons à travers ce récit un parfait exemple en matière d’indulgence, de pardon et de miséricorde. Le Prophète Mohammad (paix et salut sur lui) ne répondait au mal que par le bien et à l’agressivité et la haine par l’amour et le pardon. Cet homme, qui fut insulté et frappé par son peuple, poussé à quitter sa terre natale n’a jamais cessé de souhaiter le bien pour l’humanité toute entière. Il incarnait de façon parfaite le verset suivant du Coran : « La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse le mal par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. »[2]

Il ne perdit pas de vue la mission confiée par Son Seigneur qui consistait à sortir les gens des ténèbres vers la lumière et à appeler à un Dieu unique. Les persécutions subies n’entamèrent guère sa détermination. Il continua à prêcher le message de Dieu et donna un merveilleux exemple à ses disciples qui restèrent attachés à leur religion, endurant la torture et l’humiliation. Tous les sacrifices étaient possibles à leurs yeux car ils n’étaient en quête ni du pouvoir, ni de la fortune, mais uniquement de la vérité. Malgré les hostilités de ceux qui n’acceptaient pas son message et le droit que réclamaient certains compagnons à le défendre, à l’instar de Omar dans le récit précédent, le Prophète (paix et salut sur lui) interdisait toute forme de violence et exhortait à réagir avec bienséance. Dieu dit: « Ô Mohammad, c’est par une miséricorde de la part de Dieu que tu as été si doux envers eux. Mais si tu avais été rude, au cœur dur, ils t’auraient fui ».[3] Grâce à ce merveilleux modèle de bienséance, le savant juif Ibn Sa’na se convertit et participera plus tard aux expéditions avec le Prophète (paix et salut sur lui).

On rapporte que lorsque l’incisive du Prophète (paix et salut sur lui) fut brisée et sa tête blessée au cours de la bataille d’Uhud, les compagnons en furent très touchés et lui proposèrent de lancer des malédictions contre leurs ennemis. Il leur répondit : « Je n’ai pas été envoyé pour maudire. Mais j’ai été envoyé comme un implorant et comme une miséricorde. Mon Dieu ! Dirige mon peuple car ils ne savent pas. »[4]

La vie du Prophète (paix et salut sur lui) regorge de récits manifestant sa bonté face à la dureté des non Musulmans, qu’il considérait d’ailleurs comme faisant partie de son peuple. Et nous avons en cela un exemple pour nous aujourd’hui qui espérons satisfaire notre Seigneur car suivre le modèle prophétique nous enjoint à faire preuve de nobles qualités telles que l’amour, la miséricorde, l’indulgence, le pardon. Il n’est pas conforme au comportement du Prophète de répondre par quelque violence que ce soit à l’injustice que peuvent subir les Musulmans dans certains pays.

« En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier ….».[5] 

 


[1] Rapporté par Ibn Hibban

[2] Sourate 41 verset 34

[3] Sourate 3 verset 15

[4] Rapporté par Mouslim

[5] Sourate 33 verset 21

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