« J’aurais aimé rencontrer mes frères »

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Certainement comme moi, vous avez déjà lu ou entendu le hadith suivant :

Huit jours avant sa mort, Le prophète, paix sur lui, dit: « Mes frères d’Ohod (les martyrs morts lors de la bataille d’Ohod) me manquent ! Je veux leur rendre visite. » Il alla les voir et leur dit : « Assalam aleykoum martyrs d’Ohod ! Vous êtes les précurseurs et je suis, inch’Allah, le suivant. » Puis sur le chemin du retour, en sortant du cimetière…

Anas Ibn Malik, que Dieu l’agrée, rapporte que le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, a dit : « J’aurais aimé rencontrer mes frères » … Les compagnons demandèrent : « Ne sommes-nous pas tes frères ? » Il répondit : « Vous êtes mes compagnons, et mes frères sont ceux qui croiront en moi sans m’avoir jamais vu »(1)

Restons focalisés quelques instants sur ce passage où le prophète, paix et bénédiction de Dieu sur Lui, a pleuré en souhaitant voir ses frères.

Méditons…

Pourquoi le Messager de Dieu, paix sur lui, aurait-IL versé quelques larmes, alors qu’IL était entouré de la meilleure compagnie ? Celle des compagnons, qui ont montré à maintes reprises leur dévotion et leur sincérité dans leur amour envers Lui.

Pourquoi donc cette envie ? Ce désir de voir ses « frères » ? Quelle en serait donc la raison ?

Je ne vois qu’une réponse : L’amour. En effet, notre noble messager, miséricorde pour les mondes, avait un cœur débordant d’amour.

Il voulait offrir cet amour à ces hommes et ces femmes qui viendront après Lui, qui le prendront pour modèle, qui le suivront dans ses enseignements et qui le chériront sans pour autant l’avoir vu.

Il voulait les voir, pour leur offrir cet amour, cette attention. Notre Prophète aimait profondément sa communauté, ses compagnons, ses « frères et sœurs »…

Posons-nous cette question à notre tour : souhaitons-nous intensément voir notre Prophète, paix sur lui ?

Ou plutôt, La vraie question serait : combien souhaitons-nous voir Notre Prophète, paix sur lui ?

Avant d’écouter votre intérieur répondre, replongeons-nous dans une belle anecdote :

Après l’année de Khaybar, en l’an huit de l’Hégire, on construisit au Prophète, paix sur lui, une chaire alors qu’auparavant, il avait l’habitude de faire son sermon en s’appuyant sur un tronc de palmier. A la première occasion, le Prophète (paix sur lui) passa devant l’arbre, monta sur la chaire et entama son discours. C’est alors que les compagnons entendirent les pleurs et les gémissements du palmier. Prophète, paix sur lui, descendit alors et posa la main sur le tronc qui se calma. L’arbre dit au Prophète, paix sur lui : « Ô Messager de Dieu, as-tu eu le cœur à te séparer de moi ? » Prophète, paix sur lui  dit : « Telles sont les lois de Dieu, on finit toujours par se séparer de ceux qu’on aime ». Prophète, paix sur lui  dit alors au tronc : « A toi de choisir : je te plante à l’endroit où tu te tenais, et tu seras comme tu l’as été, ou je te plante au Paradis, tu seras ainsi irrigué pas ses fleuves et rivières et tu seras un bel arbre aux  excellents fruits, ainsi, les bien-aimés de Dieu pourront en manger. » On entendit alors le Prophète (paix sur lui)  dire : « Oui je le ferai, oui, je le ferai ». Lorsqu’on interrogea le Prophète (paix sur lui) , il dit : « Il a préféré que je le plante au Paradis ».

Cette petite histoire pour montrer que les arbres, les animaux, l’univers tout entier étaient pris d’affection, de respect et d’amour pour le prophète, paix sur lui. Alors que dire de nous !

Ne vous êtes-vous jamais imaginés être à l’époque du Prophète, paix sur lui, l’accompagner dans ses moindres pas, s’asseoir avec lui dans la mosquée, l’écouter, répondre à ses appels.

N’avez-vous jamais souhaité voir en songe son noble et beau visage ?

Ne désirez-vous pas être près de lui, en sa compagnie dans la vie dernière ?

Ceci ne doit pas être un rêve lointain mais bien un vœu intérieur, un objectif, une prière…

Ce chemin n’est pas réservé aux compagnons ou aux rapprochés de Dieu. Ce chemin est le chemin de toute une vie, où se rapprocher de notre modèle, emprunter la voie qu’il a tracée pour nous, avec sincérité et amour, serait l’effort nécessaire. Travailler au quotidien cette relation avec lui, prier sur lui, être avec ceux qui l’aiment, mieux le connaître.

L’amour du prophète, paix sur lui, est la porte d’entrée pour obtenir l’amour du Divin.

Rappelons encore ce jour où le Prophète, paix sur lui, s’absenta toute une journée et en rentrant, il tomba sur Thawbân, ce jeune garçon pauvre et modeste, en train de pleurer. Il l’interrogea : « Pourquoi pleures-tu ô Thawbân ? ». Il répondit : « Ô Messager de Dieu, lorsque tu es loin de moi tu me manques et les larmes coulent alors de mes yeux. Et lorsque je me rappelle la vie de l’au-delà, je pense que je ne serai pas près de toi dans le Paradis et là, mes larmes coulent avec plus d’abondance ». A ce moment, l’Ange Jibrîl descendit avec la Parole de Dieu : « Quiconque obéit à Dieu et au Messager… ceux-là seront avec ceux que Dieu a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là ! Cette grâce vient de Dieu. Et Dieu suffit comme Parfait Connaisseur » (2).

Le chemin est tracé, je me répète peut-être, mais la seule issue pour se construire pleinement en tant que croyant, pour se rapprocher de Dieu et s’élever sans cesse, c’est la voie de L’AMOUR.

Le Prophète, paix sur lui, n’est pas venu uniquement transmettre un message contenant des lois, des règles et un code de conduite… Non, il est venu montrer l’essence même de l’esprit coranique à travers son comportement, ses qualités, sa façon de faire.

Nous devons nous inspirer des compagnons dans leur quête de cette compagnie du Prophète, paix sur lui, et dans ce lien sincère qu’ils avaient, à l’instar de Omar, que Dieu l’agrée, qui aimait le Prophète, paix sur lui, plus que ses pères et mères, ses biens, ses enfants et sa propre personne.

Ô Dieu, accorde-nous Ton amour à travers l’amour du Prophète, paix sur lui.

Ô Dieu accorde-nous sa compagnie dans notre dernière demeure.

(1)Hadith rapporté par Ahmed. (3/100)

(2) Coran : 4:69-70

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