La famille, une école

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Il est dans cette vie d’ici-bas des épreuves et de belles expériences. Ne prenons pas le sens du mot « épreuve » négativement car malgré la connotation que ce terme a acquise dans nos rangs, sa définition ne revêt absolument pas de sens péjoratif. En effet, une épreuve est une expérience à laquelle on soumet une ou plusieurs qualités d’une personne, a fortiori de soi-même, ou d’une chose et qui est susceptible d’établir la valeur positive de cette qualité. Et en parlant d’une personne ou d’une chose, quand on dit qu’elle est « mise à l’épreuve de… », c’est qu’elle peut être soumise à l’expérience, qu’elle est capable d’y résister et de la supporter. C’est exactement le sens de la vie : une suite d’épreuves qui engendrent le vécu d’une expérience unique et qui aboutissent toujours sur un bien pour soi et pour autrui. C’est le sens du message coranique qui invite l’humain, à travers sa vie ici-bas à en tirer le meilleur pour que Dieu voie s’il croit ou s’il renie et pour préparer sa vie dernière.

La famille, qu’elle soit composée de père, mère, frères et sœurs ou mari et enfants peut être la plus belle et la meilleure des œuvres par laquelle Dieu récompense chacun le jour où il n’y aura d’ombre que la Sienne.

La réelle épreuve est celle que l’on vit avec ses proches car elle nous soumet à une vraie expérience de maîtrise de soi et qui, à travers le temps et les efforts fournis, donne lieu à des résultats probants.

Prenons l’exemple des parents. Prendre sur soi face à ses parents en situation d’accord ou de désaccord implique une piété sans faille. Ils sont ceux à travers lesquels Dieu donne Sa clémence et Ses bienfaits. Dieu recommande une attitude exemplaire avec ces deux êtres en incitant les enfants : « N’adorez que Dieu et faites preuve de bonté envers les père et mère : si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point « ouf » et ne leur manque pas de respect, mais adresse-leur des paroles affectueuses, et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis : « Seigneur ! Fais-leur à tous deux miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ». Dieu précise bien le moment où il faut redoubler d’efforts pendant cette expérience avec ses parents, « leur vieillesse », le moment où ça devient difficile pour eux et pour leurs enfants puisqu’il faut consacrer du temps, de l’effort physique et de l’implication de soi sincère.

« Abaisser l’aile de l’humilité par miséricorde » : quelle expression ! Autrement dit, choisir de se munir d’humilité tout en travaillant sur son capital miséricorde et l’augmenter, en réponse aux difficultés et aux défis que les parents ont dû endurer. Contrôler son « moi » et accepter que ses parents passent avant celui-ci. Être éprouvé par ses parents, c’est se maîtriser face à eux, contrôler ses paroles et les embellir. Quelle belle épreuve que les parents ! Quelle épreuve facile comparée à d’autres. Dieu a associé la bienfaisance envers les parents à Son adoration.

Ceci dit, il ne faut pas oublier qu’être parent est tout aussi une épreuve et pas des moindres. A l’annonce de la venue d’un petit être, le corps tremble de joie et de fébrilité, le cœur jouit de cette attente de découvrir son visage doux et tranquille. A qui ressemblera-t-il ? A sa maman ou à son papa ? Il sera magnifique puisqu’œuvre de Dieu à travers l’amour que se portent ses parents l’un à l’autre. Il arrive et amène de nouveaux sentiments avec lui, des difficultés et des remises en question à la chaîne. Un mouvement de marée, une fois basse et une fois montante. Il grandit et fait grandir ses parents en les rendant jour après jour encore plus parents qu’avant. Elever cet enfant, l’éduquer, lui transmettre les bonnes valeurs, s’en occuper, jouer avec lui, l’accompagner puis le voir faire sa vie. Une épreuve ! Une vraie qui donne ses résultats vingt ans après. « Ai-je bien fait ? », se demanderont tous les parents. Donner l’exemple est la bonne voie. Se retenir de faire la morale est la bonne manière de faire. Prendre sur soi. S’armer de patience et travailler sur la tonalité de sa voix et sur sa respiration. Une épreuve où bienveillance et dialogue sont les maîtres-mots. Réfréner ses pulsions verbales, physiques et psychologiques. Une maîtrise de soi et une compréhension de son « mini-soi » à toute épreuve.

Comment sortir de ces épreuves, qu’elles soient vécues avec ses parents, enfants, époux, oncles ou tantes ? Grandi, humble, conscient, calme, mâture, serein, confiant…. Et surtout, et c’est le plus important, proche de son Créateur, transparent et meilleur pour son entourage comme l’a été le Bien-aimé, le Prophète Mohammad, que la paix et le salut soient sur lui.

Se maîtriser est une tâche ardue. Que peut être le résultat de la recherche de l’excellence ? Le Prophète Mohammad nous apprend cela à travers plusieurs épisodes de sa vie. Non seulement avec des personnes qu’il ne connaissait pas mais aussi avec ses proches.

Les anecdotes de la vie du Prophète ne manquent pas, pourvu que nous soyons attentifs à celles-ci, qu’on en tire les leçons escomptées et que par nos invocations, Dieu puisse nous combler par nos familles et qu’Il nous compte parmi Ses serviteurs qui en ont tiré le meilleur.

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