Se maîtriser au sein de la communauté, de la société

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Il n’est pas rare que nous soyons confrontés au quotidien à des comportements déplacés, à des incivilités, à des agressions que ce soit dans notre société, voire même au sein de notre communauté de foi. Que ces actes soient faits de manière volontaire ou non, ils n’en restent pas moins blessants parfois.

Et lorsque nous sommes piqués au vif dans notre amour propre, nos valeurs, notre conception de la vie, on peut être tentés de riposter, de répondre à la blessure par une autre blessure, de rectifier de manière dure ou inappropriée, ce qui causerait plus de mal et de désordre que d’arrangement.

Parfois simplement être confronté à la différence nous dérange. Dans une culture où il est de bon ton d’être uniforme, sans défaut, productif, éviter les conflits relève de l’exploit !

En ce mois béni de jeûne, nous cherchons à relever ce défi de la paix dans toutes nos relations. Voici quelques pistes de réflexion pour cela :

– Revoir notre conception de la force et abandonner l’idée de vouloir avoir raison à tout prix : On ne rappellera jamais assez cette parole du Prophète, paix et salut sur lui : « L’homme fort n’est pas celui qui est fort en lutte, mais c’est celui qui se maîtrise sous l’emprise de la colère. » (1). Mieux vaut laisser passer l’orage, et préférer le silence à toute parole déplacée.

– Demander à Dieu d’unir les cœurs des croyants et de mettre Sa douceur dans toutes nos relations car c’est Lui qui lie les cœurs entre eux. Dieu dit : « Il fit régner la concorde (concilier) entre leurs cœurs. Si tu avais dépensé tout l’argent de la terre, tu n’aurais pas pu la faire régner entre leurs cœurs, mais Dieu la fit régner entre eux-mêmes. Il est certes Puissant et Sage. » (2).

– Ouvrir son esprit à la différence et à la divergence. Si Dieu avait voulu que nous agissions tous d’une manière identique Il l’aurait fait. Prenons le temps d’admirer les bonnes intentions de chacun et évitons de juger les actes ou décisions d’autrui. On ne peut jamais savoir ce qu’il se passe entre un cœur et son Créateur.

– Voir l’Autre comme une magnifique créature de Dieu. Il est important de toujours garder en tête que chaque être que nous croisons a une histoire particulière qui a façonné sa façon de voir le monde, qui peut être radicalement opposée à la nôtre dans la forme ou dans l’expression. Parfois une même valeur anime deux personnes, mais elles auront une manière radicalement différente de l’exprimer, et parfois d’une manière que nous détestons ou réprouvons. Pourtant chaque être a en lui cette prime nature pure et unique avec laquelle Dieu l’a créé. Réprouvons l’acte mais ayons toujours une grande bienveillance pour l’être qui se cache derrière.

– Voir au-delà de l’acte qui nous heurte : C’est un des principes de la communication non violente : « derrière chaque comportement négatif, il y a un besoin non satisfait. » Apprendre à prendre du recul et à voir ce qui peut se cacher derrière un comportement blessant ; un besoin d’attention ? de reconnaissance ? d’autonomie ?…

Plus qu’éviter le conflit, l’idéal serait de réconcilier si nous en avons l’occasion. « Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Dieu, afin qu’on vous fasse miséricorde. » (3)

(1)   Hadith rapporté par Boukhari et Muslim

(2)   Coran : Verset 63 de la Sourate al-Anfal

(3)   Coran : sourate La victoire, verset 10

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