Mère au foyer et Ramadan : « un combat » !

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Le mois de Ramadan que nous attendions tous est enfin arrivé. A vrai dire, il m’a été difficile de sentir que ce Noble Invité était déjà là. Étant sur la route durant le premier jour, nous décidons mon mari et moi de manger et de rattraper plus tard ce jour « manqué ».

 

Je me sentais au début un peu coupable comme si je commettais un péché. «Prends-le comme un cadeau de Dieu, les cadeaux de Dieu ne se refusent pas » me disait mon mari. Ces belles paroles en plus du verset {Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. }  [Sourate 2 – Verset 185] finirent par apaiser mon cœur.

Arrivés à la maison nous avons enfin pu commencer à observer le jeûne. Comme chaque année, ce fut avec plein de bonnes intentions que j’accueillais ce mois béni. Et comme chaque année, ce jeûne se révèle être un jihad au quotidien.

Le jihad qui veut dire « effort » prend tout son sens en ce mois béni. Effort sur soi pour vivre ces moments sacrés. Effort physique, spirituel, mental. Le mois de Ramadan c’est le jeûne de tous les sens. Les journées sont longues, parfois très chaudes. Il faut prendre sur soi, ainsi notre égo s’éduque à la patience et à l’adoration poussée du jour et de la nuit. La maîtrise de soi, la générosité, le sacrifice….

Mère au foyer de trois enfants en bas-âge, les journées commencent tôt. Levée avant le fajr, il faut préparer le Souhour (repas pris dans la nuit avant la première prière). Je ne m’attarde pas trop, l’heure tourne et je voudrai prier et invoquer Dieu un peu avant que ne sonne l’heure de la prière obligatoire. Un peu de lecture du Coran accompagne ces moments où, seule dans la nuit, la proximité avec Dieu a un tout autre parfum.

Je me recouche espérant que les enfants ne se lèveront pas trop tôt.

La course commence dès le réveil du plus petit qui n’a encore qu’un an, les deux autres ne tardent pas à suivre. Toilette faite, petit-déjeuner pris, je les occupe un peu pour prier Doha (prière des repentants).

Ranger la maison, faire la lessive, nettoyer et aspirer. Changer les couches, donner le biberon viendront rythmer ma journée.

Durant ces jours, je ne voudrais passer mon temps qu’à la lecture du Coran, au Dikhr et aux prières mais le quotidien me rattrape : ménage, repas, bain….. Sécher les larmes, raconter une histoire, faire cesser les chamailleries. Je me rappelle que ce quotidien deviendra spiritualité si je le fais pour plaire à Dieu. Je renouvelle mon intention et essaie de tout finir pour reprendre la lecture. Heureusement mon mari ne travaille pas et m’aide comme il peut afin que je puisse un peu me retrouver avec le saint Coran.

Après la sieste, j’essaie de passer un peu de temps avec les enfants pour leur faire vivre Ramadan. Ils ne comprennent pas encore tout. L’ambiance qui les entoure leur fait comprendre que ces jours-ci sont magiques, je fais un effort pour que la maison vive Ramadan afin qu’eux-mêmes en soient imprégnés à jamais.

L’heure de l’Asr passée, j’entre dans la cuisine pour préparer l’Iftar.  Je ne suis pas de celles qui passent des heures en cuisine pour préparer de grandes choses. Non pas que je ne sois pas vraiment un cordon bleu, mais surtout parce que je ne veux pas que le mois de Ramadan se résume à cela.

La prière du Maghreb approche. La cuisine rangée, les enfants jouent. Je fais un peu de Dikhr en attendant l’appel.

Le repas terminé, je couche les enfants, range la cuisine. Mon mari sort pour Tarawih !

Parfois je l’envie de pouvoir vivre son Ramadan à la mosquée, avec les croyants, proche de Dieu. Puis je me rappelle cette femme qui, au temps du Prophète (Paix et Salut de Dieu sur Lui),  voyait les hommes aller au jihad alors que les femmes restaient chez elles. Lorsqu’elle posa la question au Prophète (Paix et Salut de Dieu sur Lui), celui-ci lui répondit que le mérite était encore plus grand pour elles.

Je prie à la maison, près de mes enfants après avoir fini toutes mes tâches ménagères.

Je me coucherai pour deux ou trois heures avant l’heure du Sohour. Je m’endors épuisée mais heureuse de vivre encore une fois ce mois béni, ce mois sacré.

 

1 commentaire

  1. masha ‘Allah oukhty… je crois que tu « penses » et « fais  » l’Essentiel ….ton intention est si grande et si pure …c’est magnifique le fait de « mériter » après tant d’efforts, la lecture du Coran …..,ton mari et tes enfants ont une bien belle personne qui partage leur toit ,qu’Allah Sobhana wa ta ‘Ala accepte ton jeûne tes sacrifices sur ton envie de tête à tête avec Lui ,et tout cet amour que tu donnes à ta famille ,si tu as l’impression parfois de LE délaisser un peu ,je suis sure qu’IL est chaque instant près de toi et qu’IL aime ce que tu es …in sha Allah ! Ouhibouki fillah oukhty ….. yasmina

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