Apprendre à surmonter un divorce

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Le divorce se multiplie dans nos sociétés et se banalise. Il peut être synonyme d’échec, de tensions internes, de remises en question ou encore de libération. Tout dépend de son contexte. Mais un point est sûr, qu’il soit conflictuel ou à l’amiable, il n’est  jamais sans conséquences.

Pour nous permettre de bien cerner cette situation, nous décrirons les différentes phases du divorce tout en apportant des conseils et des pistes pour les surmonter de manière sereine.

La première phase est l’abattement

Cette période est plus difficile à vivre pour la personne qui n’a pas demandé le divorce. En effet, celui qui en est à l’origine a mûri sa réflexion et sa décision et l’impose d’une certaine manière à l’autre. Pour ce dernier, il est difficile de réaliser et d’admettre ce qui se passe.

L’annonce d’une procédure de divorce peut être vécue comme un coup de massue. Au début, on pense que ce n’est pas vrai. On se répète souvent « je ne comprends pas pourquoi nous en sommes arrivés là, ce n’est pas possible ». On nie la réalité qui est trop dure à accepter. On tente de persuader l’autre que ce n’est pas la bonne solution, qu’on peut en discuter ou recourir à une médiation avec une personne de la famille ou une personne neutre. Ce déni de la réalité peut avoir des répercussions physiologiques: les personnes ne sont pas bien, dorment mal et ont des difficultés de concentration dans l’ensemble des sphères de leur vie. C’est normal, un temps de réaction et d’acceptation est nécessaire, et varie en fonction de chaque personne.

Ainsi, la demande de divorce peut être perçue soit comme le résultat des tensions déjà manifestées auparavant soit comme le début de l’affirmation du mal-être de l’autre. 

Les personnes peuvent traverser une zone de turbulences caractérisée par un mélange d’émotions : tristesse, sentiment de perte, d’abandon, peur de l’inconnu, incompréhension de la situation,  doutes et culpabilité.

Cette phase est nécessaire. Il est important de ne pas refouler ses émotions  tout en ne se laissant pas submerger par celles-ci. L’expression sans tabou et sans gêne permettra de prendre conscience de la situation pour mieux avancer par la suite.

Il est bien d’en parler avec des personnes objectives et de confiance, des personnes divorcées afin de partager leurs expériences. Cela donnera la possibilité de relativiser ce qui est vécu. Mais cela ne veut pas dire passer son temps à se plaindre auprès des ami(e)s et des proches. Cette situation les fatiguera au bout d’un moment.  

La seconde phase est celle de l’acceptation

Accepter la situation c’est avant tout avoir pris du recul par rapport aux émotions et être plus objectif par rapport à la situation.

Dans un premier temps, le fait de parler à d’autres personnes du ressenti aide à prendre conscience petit à petit de ce qui se passe et d’avoir une vision neutre et objective.

Avant tout, le plus délicat est de faire un travail de deuil du mariage et de la vie de couple pour réaliser que la relation est terminée.  Et ensuite, accepter surtout qu’il y ait une séparation.

Par ailleurs, la procédure de divorce engagée et la séparation physique (dans certains cas) concrétisent  la situation.

La distance avec le/la conjoint(e) est une étape difficile mais nécessaire pour permettre une séparation et une réparation plus sereine. En effet, rien de plus délicat que de continuer à se voir, à échanger des mails et des coups de téléphone autrement dit à entretenir l’illusion de la relation si la demande de divorce est sûre et officielle. 

La troisième phase est l’analyse de la relation

Chaque membre du couple a sa part de responsabilité sur la qualité de la relation conjugale. Ainsi, il semble fondamental de faire, d’une part, un bilan de sa vie de couple depuis le début de la rencontre et d’autre part, un bilan de soi: pourquoi m’être marié(e) avec lui/elle? Quel a été mon comportement dans la vie conjugale avec mon époux(se)? Quels ont été mes erreurs, mes manquements? Mes qualités, mes points forts ?

Il convient également de se poser des questions sur le modèle et la représentation du couple et de la relation conjugale. Cela donnera la possibilité de comprendre notre propre comportement dans notre vie de couple.

Autant de questions pertinentes à se poser et auxquelles il faut répondre de manière transparente.

En effet, cette analyse et remise en question de soipermet de se rendre compte de sa part de responsabilité ou non dans ce qui arrive mais surtout de se reconstruire sur de nouvelles bases afin de ne pas reproduire la même chose dans une future relation de couple.

La quatrième phase est celle des peurs

Les démarches juridiques passées et la situation de couple et de soi analysée, laissent place à soi dans sa totalité avec ses éventuelles peurs.

La peur de l’inconnu est très fréquente et légitime. Notre vie, nos repères et nos habitudes vont changer. Nous ne savons pas comment les choses vont se passer, nous ne maîtrisons pas l’avenir, il est flou. Ces éléments incertains perturbent et peuvent angoisser. Un conseil: allez- y progressivement.

Après avoir connu la vie à deux, la peur de vivre seul est présente. Le fait de se retrouver seul avec soi-même peut être pesant, angoissant et ennuyant. Mais cette période de solitude permet de se confronter à soi-même, d’être plus fort et indépendant.

Dans le cas d’un couple avec enfants, il est légitime d’appréhender également la manière dont les enfants vont vivre la situation.

Il est crucial d’être proche de ses enfants lors de la séparation, d’écouter leurs craintes, leurs doutes et de les rassurer. Faites-leur part de votre amour, répétez-leur que l’amour que vous avez tous les deux pour eux ne change pas mais que seule la relation entre les parents a changé.

Les enfants vivent difficilement la séparation selon l’âge et les conditions de séparation. Ne dénigrez pas votre conjoint(e) en face de vos enfants malgré vos différends, ne les utilisez pas non plus contre votre partenaire.  Ils n’ont pas à choisir de camp.

Dans l’idéal, il convient de garder des relations saines avec votre conjoint(e)et de maintenir le contact pour leur bien-être en transmettant par exemple, des informations pour l’équilibre des enfants (maladie, activités, fêtes de fin d’année à l’école…) 

La dernière phase : la renaissance

Après le tunnel, la lumière…

Après le travail sur soi, les peurs, on se pose avec soi et avec la vie de manière plus sereine. On se sent plus apaisé.

Prendre du temps pour soi, se faire plaisir est essentiel pour s’accorder de la valeur et pour son estime de soi. Personne ne prendra du temps à votre place. Alors respirez et profitez de l’instant présent  et des petits plaisirs de la vie.

Le divorce peut être l’occasion de mieux savoir ce que l’on veut pour un nouveau départ dans la vie.

Source : http://www.lecoledumariage.com/?fond=article&id=3

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