Découverte de soi et du monde …

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« Livre-moi ton plus beau livre », une chronique où les auteurs présentent les livres qui les ont marqués. Un partage, un voyage au cœur d’une relation lecteur-livre qui, peut-être, inspirera et ravivera le goût de la lecture chez chacun(e) d’entre nous.       

Rêvez-vous d’un moment joyeux où vous serez en parfaite harmonie avec la nature, en pleine forêt primaire où vous célébrez le présent et vous savourez la poésie du monde ?

Sylvain TESSON, écrivain-voyageur, avait en lui ce rêve. Il rêvait d’explorer les contrées les plus lointaines pour découvrir la beauté et la simplicité du monde. Son rêve sera l’objet de son essai autobiographique : Dans les forêts de Sibérie (Septembre 2011). Ce livre connaît un grand succès ; l’auteur reçoit le prix Médicis essai, après sa publication.

En compagnie de ses livres et de sa plume, il s’est retiré, pendant six mois dans une cabane abandonnée à Baïkal en pleine forêt à la Sibérie. Seul, face à son destin, à la vie et à la nature :

« Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelques temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie…Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu. » (4ème de couverture du livre)

Du voyage comme découverte de soi et du monde, Sylvain raconte dans son livreson retrait dans la nature. Il emmène le lecteur dans une aventure de promeneur solitaire au cœur de la forêt de Sibérie.

Pourquoi la forêt ?

Vierge, puissante, silencieuse, envoûtante et majestueuse, la forêt charme le narrateur. Elle l’accueille à bras ouverts.

En s’installant dans cette forêt primaire, il aspire à retourner à la terre, à l’essentiel, à convoquer le silence et la solitude, à revivifier son énergie vitale …

« En Russie, la forêt tend ses branches aux naufragés. Les croquants, les bandits, les cœurs purs, les résistants, ceux qui ne supportent d’obéir qu’aux lois non écrites, gagnent les taïgas. Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber. » (Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson)

Le bonheur : une cabane dans une forêt 

(La cabane où vivait Tesson, photo prise par l’auteur)

Ayant fui la vie tumultueuse  de Paris, Sylvain Tesson se retrouve seul face à lui-même dans une petite cabane de bois, à l’image de Robinson Crusoé, à la conquête de sa nourriture et à la recherche du bois de chauffage :

« Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. »

Renaître au cœur de la forêt primaire 

De l’hiver à l’été, l’auteur s’est métamorphosé comme la nature. Sa vision du monde a évolué au fil des journées et ses réflexions mûrissent dans ce milieu lointain et sauvage.

Dans les forêts de Sibérie est un récit littéraire poétique et philosophique qui emmène le lecteur à une expérience étrange et existentielle.

Certes, s’isoler dans la forêt est le vœu le plus cher de l’auteur. Cependant, sa fuite n’est qu’un appel à la vraie vie. Une chanson douce à la nature et une invitation à la recherche du soi et du monde.

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