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C’est la rentrée : comment prendre de bonnes résolutions ?

Comme souvent, lorsqu’une nouvelle période démarre comme ici avec la rentrée, nous sommes tentés d’utiliser ce prétexte pour mettre les compteurs à zéro et prendre tout un tas de bonnes résolutions. Ces résolutions, ces envies de changement, de “mieux faire”, proviennent des leçons que l’on a pu tirer de l’année scolaire ou de la période qui s’est écoulée, des conseils et des idées que l’on a pu croiser… Et c’est plein d’enthousiasme que l’on s’apprête à mettre en oeuvre tout cela.

Seulement voilà, comment éviter que ces bonnes volontés ne s’essoufflent avant la fin du mois de septembre ? Comment faire place aux bonnes résolutions dans son organisation quotidienne et ce, durablement, avec toujours autant d’envie ? Nous sommes nombreux à nous poser ce genre de questions et à baisser les bras, faute de réponse, avant même d’avoir pu mettre en pratique de nouvelles habitudes.

Mais puisque les enjeux sont de taille, voici quelques pistes pour optimiser ses chances de transformer de simples idées de résolutions en automatismes.

Motivation et engagement

Commencez par clarifier vos intentions : en quoi, ces nouvelles activités ou façon de fonctionner peuvent vous être bénéfiques ?

Faites le point sur les enjeux que représente cette nouvelle résolution :

Par exemple, si vous prenez la résolution de faire du sport une fois par semaine, essayez de détailler au maximum pourquoi vous feriez ça. Parce que cela va vous aider à perdre du poids et vous sentir mieux dans votre peau ; parce que ce sera un temps rien qu’à vous dont vous avez besoin pour vous ressourcer ; parce que c’est bon pour votre coeur et que votre médecin vous l’a recommandé ; parce que cette activité vous aidera à évacuer le stress, à vous vider la tête et vous serez ainsi plus serein auprès de vos proches et de vos collègues le reste du temps ; parce que vous avez envie de faire de nouvelles connaissances ou de partager ce moment avec des amis (…)

Une fois toutes les raisons de cette nouvelle activité listées, vous avez maintenant de quoi être motivé. N’hésitez pas d’ailleurs à écrire tous ces arguments quelque part et à les conserver pour les relire, en cas de baisse de motivation.

La motivation est en effet de loin, l’ingrédient indispensable pour tenir sur la longue.

Autre piste pour maximiser vos chances de tenir bon dans vos résolutions : engagez-vous publiquement !

Ne vous privez pas du soutien et des encouragements de votre entourage. Parlez-leur des nouvelles habitudes que vous souhaitez prendre, des raisons qui vous poussent à le faire et du fait que vous comptez sur eux pour vous aider à les intégrer dans votre organisation, ou tout simplement pour vous remotiver si besoin.

Si vos idées d’activité ou de nouveau mode de fonctionnement impliquent que vos enfants soient gardés, ou bien que vous ne soyez pas disponible pour votre entourage à ce moment-là, vous devez communiquer à ce sujet avec les personnes concernées pour leur demander qu’elles respectent vos contraintes d’organisation pour l’occasion.

Bien évidemment, il sera préférable d’obtenir compréhension et soutien de la part de tout le monde. Si vous rencontrez des réticences, faites le point sur les éventuelles conséquences négatives imposées aux autres, cherchez des solutions pour balayer chacune d’entre elles, histoire d’éviter tout reproche ou regret plus tard…

Dans la majorité des cas, soyez confiant, si vous faites preuve de pédagogie, tout se passera pour le mieux ! Gardez en tête et expliquez autour de vous qu’un époux, une épouse, un papa ou une maman bien dans sa peau et dans sa tête, qui arrive à prendre du temps pour lui et se faire du bien sera un meilleur époux ou parent !

Comment s’y prendre concrètement ?

Dans un ouvrage intitulé “L’art d’aller à l’essentiel”, l’auteur Léo Babauta préconise quelques règles très pertinentes pour intégrer de nouvelles habitudes :

1-Ne choisissez qu’une seule nouvelle activité à la fois, à intégrer dans votre emploi du temps et dans vos habitudes.

2-Soyez modeste, optez pour un objectif réaliste et réalisable. Allez-y progressivement, comme par exemple pour une activité sportive. Si vous n’avez pas fait de sport depuis des années, ne cherchez pas à en faire d’emblée une heure chaque matin… Ne vous laissez pas emporter par l’enthousiasme débordant du début en voulant trop en faire, au risque de vous essouffler rapidement.

3-Fixez-vous des objectifs mesurables. Autrement dit, il faut que vous puissiez vous auto-évaluer afin de savoir si vous les avez atteints.

4-Faites des bilans :  En fonction de vos réussites ou pas, cela va vous encourager ou bien vous inciter à vous poser les bonnes questions. Peut-être que ce que vous visiez n’était pas réaliste, pas adapté à votre situation ou qu’il vous faut y aller encore plus progressivement. Cherchez à ce moment-là des pistes d’amélioration possibles et ces bilans seront ainsi très constructifs !

5-Gardez un état d’esprit positif et confiant. Dans tous les cas, regardez essentiellement les réussites et les progrès plutôt que les manquements, pour vous encourager. Au final, il n’y a pas d’échec possible car quoi qu’il arrive, vous progresserez, ne serait-ce qu’en apprenant à mieux vous connaître.

Voici d’autres pistes :

Rien ne vous empêche de vouloir prendre de grosses décisions et d’avoir de grandes ambitions de changement. Seulement voilà, pour éviter que vos objectifs ne paraissent trop lointains et donc inatteignables, je vous conseille de procéder par étapes.

Faites-vous une sorte de “plan de travail”, en y détaillant tous les petits objectifs, toutes les étapes nécessaires qui vous permettront d’atteindre votre but final.

Par exemple, si vous souhaitez apprendre une nouvelle langue, décortiquez ce gros objectif en plusieurs paliers à atteindre :

1-Commencez par vous renseigner sur les différents cours proposés, sur le net ou en présentiel, comparez les formules, les méthodes d’apprentissage et optez pour celle qui vous correspond le plus.

2-Inscrivez-vous, prenez vos dispositions pour pouvoir être assidu, faites le point sur vos intentions, les enjeux et engagez-vous envers vous-même et publiquement.

3-Fixez-vous une échéance pour atteindre le niveau A1 et faites en sorte de pouvoir savoir quand cet objectif sera atteint, grâce aux évaluations prévues pendant les cours ou via des tests en ligne… (Objectif réaliste et évaluable !)

4-Atteindre le niveau A2, puis B1, B2 en tant de semaines ou mois.

5-Faire un voyage ou aller rencontrer des personnes qui parlent cette langue pour s’immerger et tester vos connaissances, votre aisance et enrichir votre vocabulaire (…)

Le fait de planifier, étapes par étapes vos différents projets, aussi énormes soient-ils, les rendra plus accessibles.

L’idée du “ plan de travail “ me vient des pédagogies alternatives que j’ai eu l’occasion d’étudier et d’expérimenter auprès d’enfants… et d’adultes ! Célestin Freinet, notamment, préconisait son utilisation. C’est un outil qui fonctionne car plein de bon sens et respectueux des contraintes et des personnalités de chacun. Alors pourquoi ne pas l’appliquer à nos défis d’adultes ?

Il s’agit d’avoir un plan annuel avec le programme global, les thèmes à aborder (soit les gros objectifs) et pour y répondre, de dresser alors des plans de travail hebdomadaires ou journaliers personnels, avec des tâches à accomplir que l’on aura choisi. Il permet également de visualiser ce qui est accompli ou pas puisqu’il faudra barrer ou utiliser un code couleur pour identifier les objectifs atteints.

L’utilisation du plan de travail vous donnera, en tant qu’adulte ayant des objectifs à atteindre, une vision d’ensemble de ce qui est à accomplir et de votre progression. Il vous permettra de vous auto-évaluer, de vous responsabiliser et d’être autonome dans votre progression. Il respecte votre propre rythme puisque c’est vous qui l’établissez et que selon les bilans que vous ferez, vous serez à même de réajuster la quantité de travail ou d’activités à programmer. Vous pourrez également l’utiliser comme pense-bête, avec votre liste d’activités à faire et l’afficher à la vue de toute la famille, à titre d’information et pour espérer du soutien.

On peut dire que le plan de travail donne des possibilités d’initiatives librement décidées et des contraintes acceptées, éducatives et formatives.

Il n’y a pas de modèle d’utilisation ou de conception d’un plan de travail : chacun le conçoit et l’utilise en fonction de sa personnalité (…) C’est en général un tableau sur une feuille dans lequel sont inscrites des activités à réaliser dans la journée, la semaine, la quinzaine… Il permet de prévoir, de suivre puis d’évaluer ces activités  » P. Robo

Le plan de travail est donc un outil de planification, d’évaluation et de visualisation des objectifs très pertinent pour tous les défis que vous vous lancerez en terme de changement et de bonnes résolutions.

Dernière chose avant de passer à un autre point, n’oubliez pas de vous récompenser à chaque étape franchie avec succès ! Que ce soit par de tout petits plaisirs ou de plus grosses récompenses, peu importe, il s’agit de vous encourager à la moindre occasion pour faire en sorte que cette quête soit la plus agréable possible.

Faites place à vos nouvelles résolutions

Les journées ne sont pas extensibles, au grand malheur des parents, époux, travailleurs débordés que vous êtes peut-être !

Voici donc une astuce toute simple pour faire entrer de nouvelles habitudes dans votre emploi du temps : faites-y le ménage !

Débarrassez-vous de toutes les activités parasites qui ne seraient pas essentielles. Si vous cherchez à faire plus de choses en moins de temps, vous n’y parviendrez pas… C’est une question de logique ! Vous récolterez éventuellement du stress et de la fatigue mais certainement pas plus de présence, d’efficacité ou de satisfaction dans chacune de vos activités.

 « Ne cherchez pas à faire plus de choses en moins de temps, apprenez à mieux faire les choses qu’il faut.  » Leo Babauta

Pour identifier les mauvaises habitudes et les remplacer par de meilleures, il va falloir se creuser la tête, tenter d’analyser et de passer au crible son propre comportement. La question à se poser : Qu’est-ce que j’ai tendance à faire, sur des périodes plus ou moins courtes et plus ou moins fréquentes dans la journée, qui finalement, représente beaucoup de pertes de temps et ne m’apporte pas tant de bienfaits ?

Voici par exemple, une piste de réflexion :

Selon l’étude Media in Life diffusée par Médiamétrie, les Français ont de plus en plus de contacts quotidiens avec les médias et les multimédias. En 2015, ils étaient en moyenne au nombre de 43,9 par jour ! L’utilisation des loisirs numériques et d’Internet par exemple, progresse particulièrement vite. Cela est certainement dû au fait que nous avons de plus en plus d’accès possibles à notre disposition, avec une augmentation des différents supports numériques mobiles.

Ces chiffres doivent nous sensibiliser sur la nécessité ou non de tous ces contacts quotidiens avec les médias et les multimédias. En augmentant de cette façon, ne viennent-ils pas grignoter notre temps et nous faire perdre de vue ce qui est plus important ? Sans une utilisation raisonnée, consciente et modérée de ces “outils” que sont la télé, la radio, internet ou les loisirs numériques, nous pouvons aisément passer à côté d’une gestion du temps efficace qui laisserait la place sereinement aux priorités et aux objectifs que l’on voudrait atteindre.

L’exemple de l’utilisation disproportionnée de notre smartphone, tablette ou autre objet connecté, par rapport à nos réels besoins est significatif. C’est le signal d’alarme que notre temps nous échappe et que nous ne parvenons pas à le gérer efficacement. Dans un article publié sur rue89, Tristan Harris, l’ancien “philosophe produit” de Google, explique que les concepteurs de ces technologies ont justement en arrière pensée de garder les utilisateurs le plus de temps possible sur leurs applications, sites, réseaux sociaux etc… Par tout un tas de stratégies de séduction, de sensation de manque, de peur entretenue de rater quelque chose, de notifications incessantes, de sollicitations diverses, nous tombons tous très facilement dans le panneau…

Bonne nouvelle : le simple fait de prendre conscience des méthodes employées pour nous maintenir devant un écran et de la perte de temps encourue, pourtant bien plus utile dans d’autres choses essentielles de la vie, permet de prendre du recul, d’analyser plus objectivement ses pratiques et peut-être de s’auto-réguler, d’apprendre à mieux gérer ses usages.

Il est donc non seulement important de se questionner sur ces activités chronophages mais aussi sur leurs finalités. Si parfois, nous sommes tentés d’aller faire un tour sur Facebook ou Twitter “pour se détendre” quelques minutes, il convient de s’interroger si cet objectif-là est effectivement atteint. Si, en parcourant le fil d’actualité, nous apprenons finalement des nouvelles qui nous contrarient, nous inquiètent ou nous mettent en colère… à quoi bon ? Aller prendre l’air et marcher 10 minutes aurait été bien plus efficace, n’est-ce pas ? Je vous invite donc à faire réellement le test : avant de vous saisir de votre smartphone, tablette ou autre, posez-vous la question du pourquoi. Quel est votre objectif en voulant utiliser ce support ? Une fois l’activité terminée, vérifiez si vous n’avez pas dévié de votre objectif initial et si la mission est bien accomplie. Vous vouliez vérifier la réception d’un mail important ;  vous comptiez prendre des nouvelles d’un proche vivant à l’étranger, vous cherchiez les coordonnées d’une administration … Résultat des courses, avez-vous fait quelque chose d’autre ou quelque chose de plus ? Si les actions que vous faites ne répondent pas à vos intentions de départ, pourquoi ne pas remplacer ces actions par d’autres ?

Certes, c’est un exercice qui n’est pas des plus simples lorsque ce genre de pratique est devenu machinal, tellement ancré que l’on ne se pose plus trop de questions.

Si vous constatez qu’il y a des précautions à prendre, des efforts à faire et ce dans n’importe quel domaine, sachez que ce sont les premiers efforts les plus difficiles. Par la suite, au vu des bienfaits observés et de la satisfaction que vous éprouverez, cette volonté de remise en question, de sélection et d’optimisation de vos occupations deviendra de plus en plus facile et efficace. Mieux, vous pourrez vous targuer d’en faire un véritable art de vivre !

Pour conclure, faire entrer dans son quotidien de nouvelles résolutions et remplacer les mauvaises habitudes par de plus bénéfiques est avant tout une question de volonté. Bien sûr, il y a des moyens pour optimiser les chances de réussite et ce, sur le long terme.

Les raisons de votre motivation, votre engagement et le soutien que vous trouverez sont des facteurs décisifs. En procédant avec méthodologie, en étant réaliste et en planifiant vos objectifs, vous avancerez ainsi doucement mais sûrement. Reste ensuite à faire le tri dans vos occupations, en réajustant si besoin l’équation intentions – résultats obtenus.

Voilà de précieuses pistes de réflexion pour le plus grand bien de vos résolutions…

Source:http://www.ahlymagazine.com/cest-la-rentree-prend-de-bonnes-resolutions-mais-comment/

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