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Quelle boussole pour cette élection ?

Plus nous avançons dans cette campagne et moins nous y voyons clair tant les polémiques « bouliticiennes » polluent le débat public. Qui n’est pas perdu par toutes ces péripéties ?

En même temps, une période électorale peut être, au contraire, l’occasion de cultiver sa vision politique au sens philosophique.

Que la politique ne prenne pas la place du politique. En effet, toutes les sociétés humaines ont été des sociétés politiques, c’est-à-dire des sociétés de pouvoir. La politique n’est qu’une modalité de représentation du pouvoir par le suffrage et le système partisan. C’est pourquoi le politique précède la politique.

Aujourd’hui, nous faisons face à la crise du politique et de la politique. La question du pouvoir est en crise, car il est partagé, quelques fois dilué à différents niveaux institutionnels : local, européen, international. Une partie est également accaparée par des groupes d’intérêts et des entreprises multinationales.

La politique est en crise également, car les ambitions personnelles, les comportements démagogiques, les paroles perverties et les engagements non tenus n’ont fait que creuser le fossé entre les représentants politiques et nous, citoyen(ne)s. L’accès à la politique est un prétexte, parfois pour poursuivre un plan de carrière, voire développer une entreprise familiale. Suivez mon regard à droite.

C’est pourquoi, dans ce flou artistique et à la veille d’une élection cruciale en France, il nous faut une boussole afin de mieux discerner les choses, et se positionner. Car d’aucuns pourraient baisser les bras en se disant qu’il est impossible de s’engager et de voter honnêtement « sans se salir les mains ».

Or, il ne s’agit aucunement de donner du crédit à tel ou tel candidat, mais plutôt de construire sa vision politique en interaction avec cette actualité électorale.

Notre boussole comprend un axe. Vers le Nord, nous pouvons y voir la sacralité de la personne humaine, de son intégrité et de sa dignité. Le Sud, étant la négation de la centralité de l’être humain, sa marchandisation, et surtout son exploitation : cette économie qui tue et exclut. La boussole permet de pointer également les positionnements politiques face à l’injustice écologique.

D’ailleurs, le « chant des colibris » a lancé un appel dans ce sens: « Choisir le monde dans lequel nous vivrons dans les décennies qui viennent ou ne pas choisir et laisser les événements suivre leur cours. Ce qui, au regard de l’écrasante majorité des données scientifiques que nous connaissons, ressemblera à peu près à cela : disparition d’une grande part des animaux sauvages, des forêts, de milliers d’espèces sur terre et dans les mers, augmentation des sécheresses, des inondations, des tornades, des typhons, territoires submergés, des millions de réfugiés lancés sur les routes à la recherche d’un endroit où vivre, de moins en moins d’eau, des émeutes de la faim, des conflits pour s’approprier les ressources naturelles, une aggravation des inégalités, des tensions sociales et géopolitiques, des violences de toutes sortes parmi lesquelles le terrorisme, une explosion de la dette, des chocs économiques à répétition, du chômage… »

Il est certain que chacun pourrait avoir une boussole différente, mais ne soyons pas victimes de l’écume politicienne qui pourrait nous conduire à deux positions passives :

- le choix d’être totalement indifférent à la politique et au politique (je ne parle pas de l’abstention politique)

- le choix précipité pour un(e) candidat(e) sans avoir analysé son programme politique.

Enfin, cette élection passera et les enjeux liés au vivre-ensemble, à l’identité, au chômage, à l’exclusion de l’autre et aux débats sur la famille devront nous maintenir engagés sur la voie de celles et ceux qui luttent à leur niveau à un monde plus apaisé et plus juste.

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