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La laïcité pour les nuls à l’école des profs

Ils n’ont pas honte  !. Les futurs enseignants de l’école du professorat de Paris sont invités aujourd’hui à une formation assez problématique...

Invité ce dimanche du grand jury RTL, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer avait à cœur de donner à ceux qui les réclament des preuves que « l’éducation nationale n’est absolument pas passive sur (les) questions (de laïcité) ». Pour ne pas sembler inactif, le ministre y a présenté son « plan » fait de mesures symboliques sur une ligne conservatrice sur lesquelles les syndicats n’ont pas tardé à faire part de leur circonspection. Mais Jean-Michel Blanquer n’avait pas besoin de se donner tant de mal : certains de ses services le devancent quand il s’agit d’imposer une version pour le moins étriquée de la laïcité.

Ainsi, la direction de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espe) de Paris invite aujourd’hui ses étudiants à participer à une formation sur ce sujet, important quand on aspire à rejoindre l’école de la République. Sauf que la liste des intervenants prévus est un peu problématique, selon les syndicats qui appellent à ne pas y participer. En fait, elle se résume à deux noms : Philippe Val et Georges Bensoussan. Pas la peine de présenter le très médiatique ancien patron de Charlie Hebdo et de Radio France, qui court les plateaux télé pour y partager ses opinions particulièrement éclairées telle : « La politique arabe de la France a des racines profondes qui s’enfoncent jusqu’au régime de Vichy, dont la politique antijuive était déjà, par défaut, une politique arabe. »

Le second, historien, auteur d’ouvrages aux titres aussi transparents que les Territoires perdus de la République et la France soumise, est un peu moins connu du grand public. Il a pourtant lui aussi une réflexion d’une rare intelligence à délivrer sur les Arabes : « Dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de sa mère », attribuant cette « citation » à « un sociologue algérien », Saïd Laacher (en réalité français), dont il s’est avéré qu’il ne l’avait jamais écrite, ni prononcée… Débats sereins et pluralistes en vue !

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