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Jérusalem, capitale d'Israël ? Le monde musulman irrité par la décision de Trump

Tour d'horizons des réactions en Palestine, dans le monde musulman ainsi que parmi les organisations musulmanes européennes et américaines après la décision de Donald Trump, officialisée mercredi 6 décembre, de reconnaître Jérusalem capitale d'Israël.

En reconnaissant officiellement Jérusalem capitale d’Israël, Donald Trump estime que l’administration américaine ne fait « que prendre en compte l'évidence ». Une évidence pour lui et pour Israël, qui applaudit la reconnaissance ; il n’en est rien pour le reste du monde, de même que pour les Palestiniens qui voient leurs droits sur la ville sainte niés par le président américain.

Tandis qu'Israël jubile, les Palestiniens enragent. Plusieurs manifestations sont appelés à se tenir dans les Territoires occupés. « Avec la reconnaissance par l'administration américaine de Jérusalem occupée comme la capitale de l'occupant, et avec le déménagement de son ambassade, toutes les lignes rouges sont franchies », a notamment fait savoir le Hamas.

La colère des capitales musulmanes

Dans le monde musulman, les condamnations pleuvent et chacun des dirigeants y va de sa déclaration pour traduire - en mots à défaut d'actions - la colère des opinions publiques, majoritairement acquises à la cause palestinienne. La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé « une violation du droit international » qui a « des répercussions dangereuses sur la stabilité et la sécurité de la région ». Le porte-parole du gouvernement a signifié « le rejet par le royaume jordanien de cette décision qui fait monter les tensions, consacre l’occupation (…) israélienne depuis 1967 de la partie Est de la ville, et provoque la colère (…) des musulmans comme des chrétiens ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, pour qui Jérusalem est « une ligne rouge pour les musulmans » à ne pas franchir, a convoqué les dirigeants des 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) pour un sommet mercredi 13 décembre à Istanbul en vue de condamner la décision américaine.

L'activisme apparent de la Turquie tranche avec les déclarations des plus soft d'autres pays, à commencer par l'Arabie Saoudite, grand allié de Donald Trump, qui opère un rapprochement plus poussé avec Israël en vue de contrer l'Iran. « Cette reconnaissance aurait de très graves conséquences et constituerait une provocation pour tous les musulmans », ont simplement fait part les autorités saoudiennes la veille de l'annonce de Donald Trump.
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