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Qu’est-ce que la Révélation ?

Mohammad (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) fut attiré par la Providence divine vers son rendez-vous fixé avec la Révélation. Quand il eut atteint quarante ans, la solitude et l’adoration lui furent rendues agréables. Ainsi, il passait des nuits entières à se ressourcer à la grotte de Hirâ aux alentours de la Mecque.

D’après Boukhari et Mouslim : Aïcha, la mère des croyants (que Dieu l’agrée) rapporta que la Révélation le surprit dans la grotte. L’ange Gabriel vint à lui et lui dit : « Lis ! ». Il répondit : « je ne sais pas lire ». Le Prophète, paix et salut sur lui, raconte : « L’ange me saisit, et me serra au point que je faillis perdre connaissance. Il le fit une deuxième puis une troisième fois. Et après il récita (Lis, au nom de ton Seigneur, qui a créé. Il a créé l’homme d’une adhérence. Lis, ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l’Homme ce qu’il ne savait pas) ».

Aïcha, que Dieu l'agrée, poursuit le récit : Le cœur battant, le Messager de Dieu rentra chez Khadija en s’écriant : « Enveloppez-moi, enveloppez-moi ! » Ils l’enveloppèrent jusqu’à ce que son effroi passât. Il informa alors Khadija de ce qui s’était passé en disant : « j’ai vraiment eu peur pour moi ! ». Khadija lui dit alors: « Non point ! Réjouis-toi plutôt ! Jamais Dieu ne te fera subir d’affront ! Tu respectes les liens de parenté, tu prends en charge les délaissés, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les invités, et tu viens au secours de ceux qui subissent les calamités de la vie ».

Puis elle le conduisit chez son cousin paternel Waraka ibn Nawfal Ibn Assad. Waraka était un homme qui avait embrassé le christianisme avant l’avènement de l’Islam. Il maîtrisait l’hébreu et recopiait l’Evangile dans cette langue. Il était âgé et avait perdu la vue. Khadija, que Dieu l'agrée, lui dit : « Ô, Cousin ! Écoute ce que va te dire ton neveu ». Il demanda : « Que vois-tu, Ô mon neveu ? ». Le Messager de Dieu lui raconta alors ce qu’il avait vu. Waraka lui dit : « C’est le même Nomos[1] qui fut révélé à Moïse. Plût à Dieu que je sois jeune en ce temps. Ah ! Je souhaiterais être encore vivant le jour où ton peuple te chassera ! ».« Me chasseront-ils donc ? » demanda le Messager de Dieu. Waraka lui répondit : « Nul n’a apporté ce que tu apportes sans qu’il ne soit persécuté. S’il arrive que je sois en vie ce jour là, je t’apporterai toute mon assistance. »

C’est ainsi que la Révélation parvint à un homme qui n’avait aucune idée du Nomos que Dieu envoie aux élus parmi Ses serviteurs.

Il n’avait point de connaissance préalable, c’est pourquoi il fut effrayé à la vue d’un inconnu qui lui adressa la parole, le serra fortement et lui enjoignit une chose à laquelle il n’était point habitué : de lire…lui qui était analphabète. Il n’était ni un philosophe versé dans la métaphysique, ni un intellectuel imprégné de l’histoire des Prophètes.

Ce n’était qu’un homme qui se consacrait à son commerce, sa famille et ses proches comme le faisait le commun des gens… jusqu’à ce que s’éveille la fitra qui logeait dans son cœur. Il leva l’œil de son coeur vers l’horizon céleste, celui de l’humble questionnement en manque de réponse. Il reçut alors la réponse spécifique que Dieu accorde aux élus parmi Ses créatures que sont les Messagers et les Prophètes (que Dieu répande sur eux Sa Grâce et Sa Paix).

Voici donc comment est descendue la Révélation ! Mais le « comment » en tant qu’événement n’est pas une réponse à la question formulée dans le titre de ce chapitre et qui requiert une définition de la nature de la Révélation.

Qu’est-ce que la Révélation ?

Chacun répondra en fonction de ses conjectures, de ses déductions ou de sa définition linguistique.

Le psychanalyste orientaliste usera de tous les outils d’analyse dont il dispose pour affirmer que l’homme était sincère lors de la narration de l’événement, mais qu’il était, comme tous ceux qui souffrent de paranoïa et de schizophrénie, sujet à des délires hallucinatoires.

Pour le contemporain[2] qui a démenti et s’est détourné après avoir réfléchi et supputé, fait grise mine et s’est renfrogné, la Révélation « …n’est que magie transmise. Ce n’est que paroles d’humains ».

D’autres qui rejettent l’appel divin disent : c’est un illuminé, un affabulateur, un thaumaturge.

Le linguiste (arabe), dit que c’est l’allégorie subtile (l'allusion furtive).

Et Dieu dit : « Il n’est pas donné à un mortel que Dieu lui parle autrement qu’au moyen de la Révélation, ou de derrière un voile, ou encore en lui dépêchant un Messager (ange) qui lui révèle, avec Sa permission, ce qu’Il veut. Il est Sublime et Sage »[3].

La Révélation est la Parole que Dieu adresse aux élus parmi Ses serviteurs. Ceux pour qui cette parole est destinée, pour leur propre Guidance, sont les Prophètes (anbiya pl. nabiy). Et ceux qui ont la charge de délivrer le Message au monde selon la volonté divine, ceux-là sont les Messagers (roussoul pl. rassoul) et leur mission repose notamment sur la prophétie.

Dieu s’adresse à Ses Prophètes et Ses Messagers à travers la Parole Sacrée comme Il l’a fait pour Moïse, ou bien Il envoie l’ange Gabriel (le Salut de Dieu sur lui), le garant de la Révélation, pour la faire parvenir selon Son bon vouloir.

Ou encore, Dieu révèle à l’ensemble de ceux qui répondent à l’appel de Ses Envoyés (le Salut de Dieu sur eux) : « Et Nous leur révélâmes de faire le bien, d’accomplir la prière et d’acquitter la zakat »[4] .

Il révèle notamment par inspiration. Au sujet des abeilles : « Et voilà ce que ton Seigneur révèle aux abeilles, prenez des demeures dans les montagnes, les arbres, et les treillages que (les hommes) font. Puis mangez de toute espèce de fruits, et suivez les sentiers de votre Seigneur, rendus faciles pour vous… »[5].

Comme Il révèle aux anges, résidents célestes. Il dit : « …Et Il révéla à chaque ciel sa mission »[6].

Il révéla Ses ordres à Ses anges dans des circonstances spécifiques comme ce fut le cas durant la bataille de Badr. Il dit : « Et ton Seigneur révéla aux anges : Je suis avec vous, affermissez donc les croyants »[7].

Il révéla aussi par inspiration à la mère de Moïse comme providence et protection pour son fortuné nouveau-né : « Et Nous révélâmes à la mère de Moïse ceci : Allaite-le, et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas. Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager. »[8]

Enfin, aux bienheureux parmi les porteurs de foi, Il révèle (Gloire à lui) la bonne nouvelle à travers le rêve annonciateur (moubachchirâte) comme l’a assuré le Prophète, paix et salut sur lui, en affirmant qu’il n’y aura plus de Révélation après lui, mais que restera pour sa Communauté les moubachchirâtes (rêves annonciateurs) qui représentent une des quarante-six parties de la prophétie.

La Révélation a surpris et a terrifié le Prophète (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) car il ne s’attendait aucunement à ce glorieux évènement, comme l’affirme Dieu dans le Coran en s’adressant à lui : « Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un esprit (Le Coran) provenant de Notre ordre. Tu n’avais aucune connaissance du Livre ni de la Foi, mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs »[9]. « Tu n’espérais nullement que le Livre te soit révélé. Ceci n’a été que par une miséricorde de ton Seigneur »[10].

Il a reçu la Révélation ! Dieu S’est adressé à lui par l’intermédiaire d’un noble ange et lui a ordonné de lire car la lecture est la clé de la science, et Il lui livra une réponse globale à la question naturelle qui tourmente les cœurs sains, question qu’ignorent et éludent les natures malades : « Lis au Nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’Homme d’une adhérence »[11].

Dans la première partie du premier verset que Dieu adresse au dernier de Ses Messagers, est contenue l’affirmation-réponse que Dieu est le Créateur et non pas les idoles, les parents, la nature, ou la tortue rusée des îles Galápagos qui conditionne ses membres pour s’adapter à son milieu naturel. Et dans la deuxième partie du verset, on trouve une notification sur l’origine de la création de l’Homme depuis les ténèbres du ventre maternel, étape après étape, jusqu’au sortir au monde extérieur. Son existence est alors un mystère pour lui, sauf s’il est rattrapé par la providence divine pour prêter l’oreille à l’Appel divin.

Et puis Mohammad (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) a porté un message aux univers. Message dont le principe premier est de reconnaître le Créateur, d’affirmer Son Unicité et de L’adorer.

Le Message est descendu sur Terre pour être porté par des hérauts qui soutiennent le Prophète et qui résistent à ses côtés. Et le Très-Haut, dans Sa Sagesse, a choisi un peuple illettré étranger à toute science, n’ayant que peu de bagages civilisationnels et formé de tribus divisées. L’un des miracles du Prophète était d’avoir unifié ce peuple après sa dispersion et de l’avoir instruit après son ignorance. Et voilà qu’il devient en peu de temps une nation maîtresse qui enseigne au monde.

Au temps de la Jahiliya[12], les Arabes adoraient des idoles. A chaque tribu, clan ou famille son idole. Les modestes parmi eux confectionnaient leurs divinités dans du bois sculpté, des pierres taillées ou du pain qu’ils consommaient au besoin. Quant aux plus fortunés, ils importaient leurs idoles de Châm[13] la civilisée passée maître dans les arts hellénistiques, arts qui avaient investi par leur supériorité culturelle les terres arabes depuis les campagnes militaires d’Alexandre le Grand.

La Révélation fut transmise à un peuple illettré qui fut ébloui par son éloquence et rendu impuissant devant son style inimitable alors qu’il comptait des orateurs diserts et talentueux qui étaient des maîtres ès éloquence.

La Révélation par son caractère inaccessible et ses défis jamais relevés est un miracle en soi. Et bien d’autres miracles se sont manifestés à travers le Messager de Dieu au même titre qu’à travers les Messagers qui l’ont précédé et qui avaient eux aussi profité de cette assistance divine.

La Révélation fut portée par un homme connu et reconnu pour sa loyauté, sa véracité, sa noblesse et par des miracles surnaturels tel que la lune fendue en deux ; ainsi que par un peuple illettré réputé proche de la fitra, dépourvu de toute attache civilisationnelle qui enveloppe et emprisonne l’Homme dans sa matérialité, sa production ou ses sculptures matérielles ou cérébrales.

Cependant, c’était un peuple qui avait accepté la domination d’une partie de ses membres sur les autres avec tous les privilèges et les avantages que cela induisait. Le Messager de Dieu (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) se heurta à leur hostilité et fut combattu. Néanmoins, il fut soutenu dans la Renaissance (Nahda) que nous pouvons lire dans la Sirah (Biographie du Prophète) par ceux qui avaient entendu et répondu à son appel.

La Révélation accompagna le Prophète (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) durant toutes les étapes de son épopée (jihad). Elle l’accompagna dans les évènements majeurs tels isrâ et mi’râj (l’ascension et le voyage nocturne) quand son Seigneur lui adressa intimement la parole, et dans les batailles décisives telles Badr, Ouhoud, Hounayn, ‘Oussra..

Elle l’accompagna lui et sa oumma pour leur exposer en détail les prescriptions de Dieu, pour définir le licite et l’illicite, pour apporter la bonne nouvelle ou pour prévenir et mettre en garde. La Révélation, durant les treize années de la période Mecquoise, a porté l’attention des croyants et croyantes sur l’Unicité de Dieu et sur la Vie Dernière. Et la majeure partie de ce qui a été traité par la suite fut l’incitation au jihad[14], la citation de paraboles sur la résistance des Prophètes et leur jihad, l’indication des lignes de conduite à suivre pour les Musulmans dans les situations équivoques, puis l’instauration d’une législation.

Mais la Révélation n’a nullement écarté la raison instrumentale qui gère les affaires de la vie courante. Bien au contraire, elle lui a reconnu toute sa place de leader dans la gestion des domaines communs aux hommes, car le Prophète (Que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix) dit aux ansârs (les Médinois) à l’occasion de la pollinisation des palmiers : « Vous êtes plus informés et mieux à même de gérer les affaires de votre monde »

La Révélation ne fut point une prison pour cette raison gestionnaire, inventive, alerte, qui interagit avec les évènements et son environnement, et qui sait reconnaître le nuisible du bénéfique, le convenable de l’erroné. C’est pourquoi l’Envoyé de Dieu, paix et salut sur lui, avait pour habitude de consulter ses Compagnons, de demander leurs avis, et d’arbitrer entre leurs divergences pour ce qui était de la guerre, du voyage, des haltes, du partage… Il se reportait, tout autant qu’eux, à la Révélation, dans le strict respect de sa lettre et de son esprit, dans un effort interprétatif (ijtihad), pour l’appliquer en fonction des possibilités offertes, du besoin, et en adéquation avec la situation et le lieu.

Les voies par lesquelles la Révélation parvenait au Prophète se sont diversifiées. Les Compagnons étaient les témoins privilégiés de cette Révélation et la vivaient quotidiennement aux côtés du Prophète, paix et salut sur lui, et aux travers d’évènements qui les confortaient dans leur conviction quant à la véracité du Messager. Par voie de conséquence, leur foi n’a fait qu’augmenter : « Et quand une sourate est révélée, il en est parmi eux qui dit : « quel est celui d’entre vous dont elle fait croître la foi ? » Quant aux croyants, elle fait certes croître leur foi, et ils s’en réjouissent. Mais quant à ceux dont les cœurs sont malades, elle ajoute une souillure à leurs souillures, et ils meurent dans la mécréance »[15].

Le Prophète suscitait dans les cœurs des Compagnons un respect mêlé de crainte (hiba). D’une part, son caractère humain représentait un trait d’union entre eux et lui. Son humanité rejoignait la leur quand il partageait avec eux le besoin de nourriture, de vêtement, de domicile, quand il vivait à leur côté le bonheur, le malheur, la santé, la maladie, la pauvreté et la richesse. D’autre part, la Révélation le liait au Sacré.

Il était l’intermédiaire (que Dieu répande sur lui Sa Grâce et Sa Paix). Telle est sa spécificité telle qu’affirmée par Dieu : « Dis, je ne suis en fait qu’un être humain comme vous. Il m’a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique ».

Et l’humanité de Mohammad rencontra la Révélation, alors le Compagnon Al Harith Ibn Hicham demanda au Prophète, paix et salut sur lui : « Ô Messager de Dieu ! Comment reçois-tu la Révélation ? » Le Messager répondit : « Parfois comme un son de cloche, et c’est la forme la plus pénible pour moi. Et quand l’ange porteur de la Révélation me quitte, je retiens tout ce qu’il a dit. Parfois, ce dernier se présente à moi sous l’apparence d’un homme puis il me parle et je me rappelle tout ce qu’il m’a dit ».

Et à plusieurs reprises, c’est l’ange Gabriel (Salut et Bénédiction sur lui) qui leur rendait visite sous les traits de Dihya, un homme qu’ils connaissaient. Les Compagnons pensaient reconnaître dans ce visiteur la personne connue d’eux jusqu’à ce que l’envoyé de Dieu les informe de la véritable identité du visiteur. C’était l’ange Gabriel qui venait leur apprendre leur religion.

Les Compagnons savaient reconnaître les moments durant lesquels survenait la Révélation par les changements des traits du Prophète. Le Compagnon ‘Ubada Ibn as-Samit a dit : « Quand le Prophète recevait la Révélation son visage s’assombrissait et s’affligeait ». Une autre version rapporte que quand il recevait la Révélation, « il fermait les yeux et son visage s’assombrissait. »

La Révélation était donc un événement quotidien, une réalité connue et un phénomène habituel.

D'après l'ouvrage "Mihnat al-'Aql al-Muslim" de  Abdessalam Yassine

 


[1] Nomos est un mot d'origine grecque et vient du verbe némo qui veut dire opérer  une division, un partage. On le traduit d’ordinaire par "la loi". L'imam Boukhari qui a rapporté ce hadith a dit concernant le terme "Nomos" qui se dit "Nâmouss" en arabe : (le Nomos est le dépositaire d'un secret qui en prend connaissance de manière à ce qu'il reste voilé et inaccessible pour les autres).

[2] Il s’agit de Walid Ibn Al-Moughira dont on trouve l’histoire dans sourate L’emmitouflé.

[3] Sourate La consultation (42) verset 51.

[4] Sourate Les Prophètes (21) verset 72.

[5] Sourate Les abeilles (16) versets 68-69.

[6] Sourate Les Versets Détaillés (41) verset 12.

[7] Sourate Le butin (8) verset 12.

[8] Sourate Les récits (28) verset 6.

[9] Sourate La consultation (42) verset 49.

[10] Sourate Les récits (28) verset 86.

[11] Sourate L’adhérence (96) versets 1-2

[12] Jahiliya est un mot comportant plusieurs connotations que seul précise le contexte. Ici, c’est la période précédant l’avènement de l’Islam. Voici ce qu’en dit cheikh Abdessalam Yassine dans son autre livre « islamiser la modernité » :

« Le mot jahiliya véhicule le critère de discernement entre l’islam et le contraire de l’islam. Le mot jahiliya, quatre fois répété dans le Coran, fustige 1) la mécréance, 2) la mal-gouvernance, 3) l’avilissement de la femme et 4) la fureur virulente du tribalisme jahiliyen. A chaque époque sa forme de tribalisme, de mécréance, de mal-gouvernance, de dévergondage et d’injustice. Je recours à la racine du mot jahiliya et le traduis par deux mots : Ignorance et Violence que j’écris en majuscules pour mettre en relief les traits saillants et permanents de la jahiliya. Il y a de la jahiliya partout où l’homme ignore ce pourquoi il existe, où les sociétés (nominalement musulmanes ou pas) se gouvernent mal, où la femme est avilie, où ce sont les impulsions instinctuelles violentes qui règlent les différends et non l’esprit d’équité. » p210.

[13] Couvrant l’actuelle Syrie et une partie de la Palestine.

[14] On trouve dans « La révolution à l’heure de l’Islam » de cheikh Yassine concernant le mot jihad :

« Le mot jihad a perdu, même aux oreilles des musulmans, sa signification coranique et étymologique et n’évoque plus que la seule forme de combat armé. Guerre sainte, disent les orientalistes et l’opinion commune de l’occident chaque fois qu’il s’agit de diminuer l’action islamique dans l’histoire. Le mot fait partie de la machine de guerre idéologique contre l’Islam depuis les croisades... » p67

« …Jihad signifie autre chose que lutte. Celle-ci évoque les passions confuses (et) la violence.

Il signifie la volonté contrôlée et l’effort organisé. Etre combattant, c’est avoir la vertu de dépasser les petits sentiments pour s’attaquer aux grandes tâches… » p69

« … Il faut retrouver notre identité profonde pour dire à tous à partir d’une position de force que l’islam n’a jamais succombé aux démons de la haine et que l’esprit de croisade qui habite toujours l’occident n’a jamais hanté la conscience musulmane. De cette position de force nous pourrons faire comprendre au monde que le mot jihad, exclut absolument le racisme, la violence injuste, l’agitation revancharde… » p264

[15] Sourate le Retour à Dieu (9) versets 124-125.

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