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Ma première Umra : J’en reviens, mais y suis toujours

Me voici de retour. L’âme vagabonde encore, couverte des effluves spirituelles des lieux visités.

Le cœur lui, continue de battre au rythme des appels à la prière résonnant encore dans ma tête et mon corps. Je n’étais pas encore parti que j’y étais déjà. J’en reviens mais y suis toujours. 

La genèse du voyage

Nous sommes en février et nous réfléchissons à prendre de la distance, à faire une pause avec le quotidien harassant, éprouvant, nous empêchant de nous retrouver en Dieu aussi souvent que nous le souhaiterions.  Et comme souvent, les premières destinations qui nous viennent à l’esprit sont des endroits de villégiatures où le soleil et les distractions de cette vie sont présents pour nous faire oublier notre quotidien effectivement….mais nous rapprochons-nous de Dieu pour autant ?

Cette question me hante, me revient sans cesse, pas comme une douleur mais comme un doux rappel de ce que notre for intérieur souhaite, attend, ce à quoi il aspire.

Les signes

Depuis de longs mois maintenant, de par Sa grâce, mon chemin s’est éclairci. Le soleil intérieur que tout Homme possède s’est révélé, rallumé, brûle à nouveau de cette chaleur qui enveloppe mon corps, mon cœur et mon âme. Ma soif de connaissance, de savoir, ma quête éternelle de la nature humaine pour trouver le sens divin de toute chose est là, bourdonne en moi, m’appelle et me retient ; je dois l’assouvir. Alors je m’incline et me prosterne tant et plus.

Premier signe. Mon dernier Ramadan fut le plus savoureux jusqu’ici, il m’a manqué dès qu’il s’est terminé. Deuxième signe. Et comme une alternative, une récompense, j’entends parler de cours me permettant d’apaiser ma faim. Naturellement curieux et comme appelé, happé, je m’y inscris.  Signe de plus.  La promotion, la classe exceptionnelle, transcendante, composée de frères et de sœurs de tous horizons mais avec une seule destination commune souhaitée : la Face de notre Seigneur et Son contentement.

Tous ces signes, séparés par le temps mais réunis par mes prières et invocations successives, qui furent le lien de chacune des étapes de mon cheminement intérieur ET extérieur m’offrent avec clarté Son appel, Son invitation et je ne peux qu’y répondre, humblement, solennellement.

Alors, plutôt que de partir loin, sous le soleil et nous oublier ; je propose de partir loin, sous Sa Lumière pour nous rappeler à Lui et L’adorer dans toute Sa Majesté.

« Nouveau » Départ

Nous voilà donc partis déjà, dans nos têtes et nos cœurs avant même de monter dans l’avion.

La préparation se veut spirituelle, pratique et sentimentale. Là où le corps se prépare mécaniquement, le cœur sentimentalement, l’âme, elle, se souvient étrangement de la proximité du Très-Haut, du moment où la permission Divine l’a autorisée à gagner ce corps, reçu en prêt le temps d’une vie dont le terme est déjà connu. Mon âme vibre de ce retour anticipé, de ce rapprochement du Transcendant.

Me voilà sur les terres sacrées de notre Messager bien-aimé (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Les visites sont brèves mais pleines de signification, d’histoire (je rends grâce à Dieu et à mes professeurs pour cet adjuvent qui m’a permis d’en profiter tant et plus).

Enfin, le moment tant attendu, tant espéré et pourtant si improbable : mon premier salut à notre Prophète (Paix et Bénédiction divines sur lui), à ses fidèles compagnons Abu Bakr et Umar (que Dieu soit satisfait d’eux éternellement)  et sa mosquée.   L’instant où ma main tremble, mon cœur palpite et appelle, et intérieurement, intimement, la conviction, l’aspiration du salut retourné. Mon front goûte encore la douceur de la prosternation d’Ar-Rawda, les paupières closes, la lumière ne fut jamais aussi intense que durant ces moments de quiétude et de paix, aux côtés de mes frères en Dieu. Ma langue frémit encore des salutations et invocations faites au nom de mes frères et sœurs de Foi. Et déjà il me faut quitter pour aller rendre mon second hommage vers la mosquée sacrée cette fois-ci.

La Mecque, emplie de récits, s’ouvre à nous, s’ouvre à moi, par Sa Permission. Je l’ai vu maintes et maintes fois en photo, en vidéo mais rien ne peut me préparer à sa vision réelle.

Après notre halte à Dhul Houlayfah, me voilà en état de sacralisation, annonçant à Mon Seigneur mon arrivée, prêt à répondre à Son invitation, invoquant et remerciant humblement pour l’honneur qui nous est laissé. A la vue de la mosquée sacrée, le temps s’arrête ; elle est là, à quelques pas de moi.  Des milliers de frères et de sœurs invoquent en silence en tournant telle une vague d’âmes rendant grâce à l’unisson.

Le rite

Nous débutons notre rite de visite ; les mouvements et les paroles s’enchaînent. Mon cœur est fixé sur cet édifice majestueux à plus d’un titre. Mon premier tour me voit arriver face à la station de notre prophète Ibrahim (sur lui la Paix), je vois les empreintes de ses pas et me retrouve plongé dans les histoires lues sur la construction de cette maison, sous son œil attentif et adorateur.   L’effet est comparable à celui de la madeleine de Proust et pourtant, il ne s’agit pas d’un souvenir personnel mais plutôt d’une réminiscence commune à l’Humanité.

Pris dans la concentration humaine, j’en arrive à oublier le compte des tours mais notre guide est là qui veille. Nous finissons notre circumambulation et nous dirigeons vers les monts célèbres.  L’érosion et les marches de milliards de pèlerins ont réduit la taille de ceux-ci à sa plus simple expression. Nous arrivons malgré tout à fouler ce qui reste de pierre et nous voilà à nouveau projetés dans le passé, sur les pas de nos pieux prédécesseurs et de notre Envoyé Bien-aimé (que la Paix et la Bénédiction de Dieu lui soient accordées).

Voilà, notre rite se termine, sans m’en rendre compte, j’ouvre les yeux et suis dans ma chambre, le crâne rasé, une quiétude immense envahit mon corps et mon esprit.  Nous pouvons dorénavant entièrement nous vouer à notre adoration.  Les jours, les cycles de prières et de tawafs se suivent à un rythme effréné pour l’humain mais dans le sérénité de l’âme et du cœur.

Notre corps n’a pas soif, ne se fatigue pas, ne réclame rien.   Il laisse la place à notre âme qui, elle, crie famine, notre Foi qui se mélange aux autres et élève chacun et chacune à des degrés de conscience jusqu’alors inégalés pour les humbles et simples mortels que nous sommes.

Le retour

La valeur de toute chose est modifiée. Le temps n’a plus sa place ici. Rien que l’amour et l’adoration. Le dévouement et la dévotion.

Le sommeil s’est perdu en chemin, il ne nous atteint plus. Les appels s’enchaînent et nos fronts aspirent à chaque moment au rapprochement avec notre Créateur. Mais arrive l’heure où nous devons « revenir sur terre ».  Les considérations humaines et pratiques refont surface alors que nous devons quitter ces lieux.

Pour la première fois de mon existence, je ne souhaite qu’une chose, rester. Mais la vie m’appelle, les épreuves de celle-ci m’attendent pour laisser le droit à mon cœur et mon âme de goûter à ces moments de manière encore plus intense, si Sa Miséricorde m’y autorise.

Mon corps donc est revenu voilà 2 semaines, mon cœur a suivi malgré lui et mon âme y est restée plus longuement. Elle est aujourd’hui revenue et tente de se réapproprier mon corps avec ce nouvel élan.  L’élan du retour, le retour vers Sa Maison pour accomplir mon pilier mais surtout le retour vers Lui parce que si mon corps et mon cœur doutent encore parfois, mon âme sait à présent, à nouveau, qu’elle appartient à quelque chose de plus grand que nous partageons toutes et tous, en notre Humanité, le chemin qui mène vers l’Omniscient.

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