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Les parents : leurs tenir bonne compagnie

Un homme vint au Messager de Dieu, paix et salut sur lui, et lui dit : « Je te fais acte d’allégeance en m’engageant à émigrer et à combattre dans la voie de Dieu dans l’espoir d’une récompense auprès de Dieu » Il demanda : « As-tu l’un de tes parents encore en vie ? » Il dit : « Oui, les deux même. » Il dit : « Espères-tu vraiment la récompense de Dieu ? » Il dit : « Oui ! » Il dit : « Alors, retourne auprès de tes parents et tiens-leur bonne compagnie. » (1)

La quête de la récompense et de la satisfaction de Dieu nous pousse bien souvent à courir les associations, les organisations, les événements cultuels afin de satisfaire son égo et de se rassurer sur sa contribution à la communauté du prophète (paix et salut sur lui). L’aide à autrui, au plus faible, la reconnaissance de nos pairs, nous poussent encore et encore à regarder tout autour de nous sans véritablement se soucier de ce qu’il se passe tout près.

Combattre dans la voie de Dieu, dans l’espoir d’une récompense, implique-t-il forcément une souffrance ou un sacrifice ? Beaucoup de personnes très bien intentionnées sont au service des gens, de la communauté, de leurs concitoyens. Chose tout à fait noble et qui doit être valorisée, mais si cela est au détriment de sa chaire et son sang, il faut alors revoir nos priorités. N’y a-t-il pas des êtres qui méritent le plus notre attention, notre temps et notre bonne compagnie ?

Le Prophète (paix et salut sur lui) dans ce récit nous rappelle que le vrai jihad (qui est, contrairement à ce que l’on peut comprendre , le fait de faire un effort sur soi-même) est de s’occuper de ceux qui ont tout sacrifié pour faire de nous les pères et les mères de demain.

Beaucoup veulent, de nos jours, partir loin et œuvrer dans le sentier de Dieu  (aider les plus démunis en faisant de l’humanitaire, aller apprendre la science dans un autre pays, aider à la construction d’un puits, d’une école ou d’un orphelinat dans une autre partie de la planète…)  pour se construire, se reconstruire, se trouver, se déculpabiliser, et puis bien souvent se perdent dans le paysage à ne plus savoir pourquoi ils y étaient.

La mère agonisante  ne mérite-t-elle pas l’attention et l’amour de sa progéniture ? Le père vieillissant ne suscite-t-il pas l’intérêt de mémoires, des instants magnifiques et riches de sagesse passés en sa compagnie ? C’est là qu’est le combat sur le sentier de Dieu pour également éduquer sa propre âme….

La valeur d’un parent, lorsqu’on est soi-même parent devrait être connue de tous, nous avons sans doute tous failli à notre rôle au moins une fois, en tant qu’enfant,  mais rien n’est irrémédiable, il n’est jamais trop tard pour se réveiller et agir auprès de ceux qui sont nos parents.

La maladie et la vieillesse sont des choses qui nous concernent tous, elles arrivent lentement, sinueusement et s’installent dans le quotidien qui devient de plus en plus lourd pour nos parents et c’est là que nous devons être présents et nous occuper d’eux tant qu’il en est encore temps.

Le mois de Ramadan nous met à l’épreuve : la prière en commun, les bonnes actions, les quêtes, font que nous avons envie de nous surpasser pour aider notre communauté et agir généreusement et cela ne doit effectivement pas être négligé, mais lorsque nous sommes parents nous-mêmes, ou pas d’ailleurs, n’y a-t-il donc rien de meilleur que de soutenir, partager, préserver, protéger, aider, accompagner, nourrir, soutenir, facilité, soigner, aimer et respecter nos pères et mères sans condition aucune, jusqu’à ce que la mort nous sépare ….

Alors occupons-nous de nos parents pour la satisfaction et la bénédiction de Dieu. Rien de plus vrai et de plus naturel.

(1) Rapporté par Boukhari et Mouslim

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